Une visite virtuelle !

Le 1er décembre, les premiers locataires se sont installés dans l’immeuble flambant neuf des habitations Sainte-Germaine-Cousin. Le chantier est maintenant terminé et il ne reste que quelques détails à peaufiner. Pour célébrer la fin du chantier, nous vous proposons une visite virtuelle des habitations!

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Les résidences pour personnes âgées en légère perte d’autonomie

À la sortie de l’ascenseur, le premier détail qui saute aux yeux est la couleur éclatante de la peinture de certains murs. Chaque étage est ainsi caractérisé par une couleur qui lui est propre afin d’aider les personnes âgées à se repérer plus facilement. Sur chaque palier, à proximité des ascenseurs, une salle polyvalente a été aménagée afin de créer un lieu de rencontre et une salle polyvalente.

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Grâce aux courbes du bâtiment, les couloirs entre les logements ne ressemblent pas à de longs tunnels ténébreux, comme c’est trop souvent le cas dans les grands immeubles à logement. Au contraire, les espaces de circulation sont plutôt accueillants et se dévoilent graduellement, au fur et à mesure que l’on avance et les murs aux couleurs éclatantes égayent l’espace. Aucun mur intérieur n’a été construit de manière courbe afin de réduire les coûts du projet et pour simplifier la construction. Pour ces raisons, le corridor est composé de plusieurs pans de murs droits. Grâce à cette technique, la forme sinueuse du bâtiment, qui a été déterminée à la suite d’une charrette, n’a pas vraiment entraîné de surcoût de construction, car les espaces intérieurs ont été simplifiés autant que possible.

Le dernier étage des habitations donne accès à une terrasse sur le toit. Au moment de la visite, cette terrasse était déjà recouverte de neige. Au printemps les éléments mécaniques qui parsèment la terrasse seront dissimulés derrière des bacs de plantation.

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La section PAPA compte 122 appartements 3 ½ et 4 appartements 4 ½. Chaque logement est doté d’une cuisine complète, d’entrées laveuse/sécheuse et d’un balcon. Des fenêtres coulissantes ont été installées pour que les locataires puissent installer une aire climatisée.

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Si les logements ne sont pas de facto adaptés pour les personnes à mobilité réduite, ils ont tous été conçus pour être facilement adaptables. Par exemple, des barres d’appui ont déjà été installées et la hauteur des comptoirs a été prévue en conséquence. D’ailleurs, il n’y a pas d’armoire sous les lavabos pour accommoder les fauteuils roulants. Des rampes d’accès peuvent être installées à tout moment dans les logements, car la Corporation Mainbourg en a acheté pour chaque logement. Les comptoirs et les armoires de la cuisine peuvent également être entièrement transformés pour accommoder les personnes en fauteuils roulants. Des niches ont été aménagées dans les corridors afin de permettre aux locataires de personnaliser l’espace. Ces alvéoles aident particulièrement les personnes atteintes d’Alzheimer à se repérer.

Le rez-de-chaussée

Les usages qui génèrent le plus de bruit et le plus d’achalandage ont évidemment été localisés au rez-de-chaussée.

La salle à manger, dotée d’un toit angulaire, est éclairée par un ciel étoilé. Initialement, les luminaires devaient être disposés au plafond de manière aléatoire, mais comme il était impossible de les installer sans planification, les architectes ont dû malgré tout dessiner l’endroit exact où ils seraient installés. La salle à manger est entièrement fenestrée et établit un lien visuel avec l’extérieur. Une rutilante cuisine commerciale flambant neuve jouxte la salle à manger.

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C’est également au rez-de-chaussée que sont situés les locaux de la ressource intermédiaire. Évidemment, cette section de l’immeuble a d’abord été conçue pour répondre aux besoins médicaux des patients.

Le couloir central est éclairé par de grands luminaires recouverts d’un tissu élastique qui diffuse et adoucit la lumière. Le mobilier, dont le spectaculaire bureau d’accueil, a été fait sur mesure afin de s’agencer à l’architecture du bâtiment. Une salle commune et une salle à manger ont été aménagées à l’extrémité de l’immeuble, dans un espace entièrement vitré. À partir de cette salle, les résidents auront pratiquement l’impression d’être à l’extérieur.

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Les espaces communs et les espaces mécaniques

Fait rare dans un grand immeuble résidentiel, une trappe à recyclage a été construite en plus de la trappe à déchet traditionnel et un réservoir d’huile de cuisson usagée a été installé. Ces installations permettront de réduire substantiellement la quantité de matière résiduelle produite par les locataires.

Les ascenseurs choisis sont à fonctionnement hydraulique plutôt qu’à câble. L’avantage de ces modèles, c’est que leurs moteurs doivent être localisés au sous-sol plutôt que sur le toit, ce qui diminue le nombre et la taille des éléments mécaniques sur le toit. Ce choix s’impose lorsqu’une terrasse est construite sur le toit.

Entre l’église et les habitations, on retrouve la salle avec les équipements pour la géothermie. Une immense trappe a été construite au-dessus de cette salle, car l’équipement a une durée de vie d’environ 25 ans, après quoi il faut habituellement tout remplacer. La trappe d’accès facilite donc l’évacuation du matériel.

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Fin de la visite!

La réalisation du projet des habitations Sainte-Germaine-Cousin a été un projet complexe qui a nécessité 8 ans de développement. Nous sommes donc très fiers de vous présenter le résultat de cette grande aventure. Prochainement, nous publierons la liste de toutes les personnes ayant contribué à la réalisation de ce projet audacieux, ainsi qu’une mise à jour sur l’avancement des travaux de l’église. Vous pouvez également regarder l’ensemble des photos du projet en consultant notre billet précédent!

Pourquoi un bâtiment en «S» ? L’histoire d’un concept

Comme le printemps qui arrive et transforme la ville, le site de Sainte-Germaine-Cousin s’est complètement transformé durant la dernière année. Cette métamorphose ne reflète pas le long travail de planification et d’élaboration du projet, qui s’étale sur dix longues années! Plusieurs défis et contraintes se sont présentés en cours de route, ramenant les participants à la table à dessin et exigeant des changements de plans significatifs. Le site, dont on verra s’ouvrir les portes l’an prochain, présente donc un visage bien différent de celui imaginé en 2005. Cet article présente les étapes charnières ayant mené à l’évolution du concept initial.

La démolition de l’église Sainte-Germaine-Cousin

Le projet initial prévoyait la démolition totale de l’église, en raison de la contamination à l’amiante et pour diminuer les frais de réaménagement. Le projet dans sa totalité devait être aménagé au sein de constructions nouvelles. En 2005, la paroisse se voit refuser sa demande de démolition en raison de l’intérêt patrimonial du bâtiment. Le projet devra donc intégrer l’ancienne église.

Un projet mixte pour la communauté

Un projet en trois volets est alors proposé afin de développer un milieu où plusieurs générations se côtoient, et où les plus démunis sont soutenus par la communauté. Le projet prévoit ainsi des logements pour personnes âgées, dont certaines à faible revenu et d’autres à mobilité réduite ou en perte d’autonomie, du logement abordable et des coopératives d’habitation pour les familles, un centre de la petite enfance, des bureaux communautaires et divers autres espaces communs partagés. Les composantes d’habitation sont aménagées à l’intérieur de nouvelles constructions tandis que l’église réaménagée abrite les fonctions communautaires.

Entre 2007 et 2009, deux approches d’implantation sont proposées. La première vise à respecter la forme urbaine typique montréalaise. Les bâtiments plus hauts sont donc concentrés autour de l’église au centre du site, tandis que les unités de logement à hauteur plus standard bordent les rues.

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L’autre proposition vise plutôt à s’insérer dans le mouvement postmoderne en vogue lors de l’édification de l’église, dans les années 1960s. L’implantation des édifices est élaborée de façon à mettre en valeur et accentuer les caractéristiques uniques de l’église.

3D Site PROPOSÉ

IMPLANTATION 2

Aucune de ces deux propositions ne fait consensus parmi les nombreux acteurs impliqués dans le projet, que ce soit les futurs propriétaires, l’archevêché, l’arrondissement ou encore la Division de l’habitation de la ville centre. Les discussions continuent également en ce qui concerne le financement disponible et les besoins du milieu à satisfaire. On continue à chercher l’option idéale. Entre-temps, un avis patrimonial est émis, offrant des balises d’aménagement concrètes qui viennent remettre en question de nombreux paramètres dans les propositions initiales.

Le «S» fait consensus

C’est dans ce contexte qu’une charrette de design est organisée en décembre 2009 (une charrette désigne des ateliers rassemblant des professionnels de milieux variés et des représentants de la société civile qui travaillent ensemble, souvent en sous-groupes, à développer de nouvelles idées pour l’aménagement d’un site). Des représentants de presque toutes les instances participent aux discussions. C’est dans le cadre de cet événement que l’idée d’un bâtiment unique, en forme de « s », qui ferait contrepoids à l’église est retenue. Ce choix est d’autant plus approprié qu’il évite la subdivision du lot, un processus complexe et coûteux.

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Le concept adapté à la règlementation d’urbanisme et aux contraintes patrimoniales


D’autres contraintes règlementaires s’ajoutent à la liste. Entre autres, l’avis patrimonial exige que le muret entourant l’église, lui aussi jugé d’intérêt patrimonial, soit préservé. La vue sur la façade de l’église doit également être protégée, empêchant toute construction à l’avant du site. Finalement, des contraintes au niveau du stationnement forcent à abandonner l’idée du logement pour familles, faute d’espace. Nous en arrivons donc maintenant au projet sous sa forme actuelle, soit une nouvelle construction intégrée au bâtiment de l’église et abritant du logement abordable et des chambres pour une ressource intermédiaire. L’ancienne église est réaménagée pour accueillir des espaces communs qui restent à déterminer. L’implantation d’un CPE est l’une des options présentement à l’étude. Le tout forme un ensemble moderne qui attire l’œil tout en formant une sorte de « fond de scène » qui met en valeur les caractéristiques patrimoniales de l’église.

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Conclusion

De nombreux dessins ont été tracés avant d’en arriver à l’implantation qu’on voit s’ériger aujourd’hui sur le site de Sainte-Germaine-Cousin. Bien qu’on puisse se sentir dépassés par la lenteur du processus, il est indéniable que ces discussions et propositions préliminaires ont permis de bonifier les idées et d’en arriver à un projet qui satisfait une majorité d’intervenants. On en arrive surtout à un espace intéressant et de qualité mettant en valeur deux bâtiments, deux entités, deux époques, deux concepts.